… PARIS NEW YORK ODESSA …

Dossier de présentation 2016 / English Presentation 2016

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PARIS NEW YORK ODESSA

 

PRÉSENTATION DU SPECTACLE – Laure Slabiak, directrice musicale

« À l’origine de Paris New York Odessa, il y avait mon désir de raconter une histoire ; l’histoire d’un voyage, d’une transmission, d’une migration… et plus particulièrement celle des juifs d’Europe de l’Est vers la France et les Etats-Unis, de 1905 environ (après les pogroms d’Odessa) jusqu’en 1924. L’histoire d’un héritage en partance… Et cette épopée musicale mêlerait les musiques migrantes, celles dites “de l’Est” – classiques, traditionnelles et actuelles – et celles qui en sont issues – le jazz et la musique de Broadway – en les revisitant grâce à des arrangements modernes.

Pour cela, j’ai demandé à Olivier Slabiak (aka OS69, violoniste, compositeur de musique électronique et fondateur du groupe de musique yiddish et tzigane Les Yeux Noirs) d’écrire les arrangements (pour ordinateur, instruments amplifiées, voix seules et en polyphonie) et de proposer des compositions originales sur des textes en yiddish. J’ai aussi invité des chanteuses qui comme moi avaient une formation classique et qui étaient capables d’interpréter des mélodies classiques détournées – comme celles de Chostakovitch, compositeur fortement influencé par la musique juive d’Europe de l’Est – ou des airs de la liturgie juive mais qui étaient également prêtes à explorer de nouveaux territoires comme la pop, la chanson, le jazz ou la musique électronique.

Ainsi, sur scène, la grande Histoire de la migration de la musique juive, d’Odessa à New-York, se raconte depuis Paris, dans notre langage musical à nous, jeunes artistes d’aujourd’hui. »

 

MISE EN SCÈNE – Louise Moaty

« Pour arpenter en sons et en images les itinéraires de cette migration qui marque le XXe siècle et qui résonne si fortement avec notre actualité, je cherche à réinterpréter la forme « concert » pour en faire un lieu de partage et d’exploration.

Les musiciens sont invités à s’emparer d’entretiens réalisés par Georges Perec et Robert Bober avec des juifs d’Europe de l’Est ayant migré aux États-Unis avant la guerre, ainsi que de poèmes de Perec, tirés du livre Récits d’Ellis Island. Courts extraits qui rythment le concert sous forme de prise de parole intime, au micro, ou au contraire de profération portée par la musique. Ces voix ressurgissent du passé pour faire résonner les problématiques migratoires d’aujourd’hui et nous permettent de questionner le désir du voyage, sa réalité, sa part de rêve.

Sur le plateau, le jeu des corps et des voix s’articule autour d’un dispositif léger : une carte du monde sur laquelle sont projetés en direct par les musiciens des extraits de films et de photographies d’archives (images de transtlantiques, photographies de famille, ou d’arrivées à Ellis Island mises en regard avec les images de migrants dans la presse aujourd’hui). Les lettres PNYO allumées comme à Broadway se lèvent pour la dernière partie du spectacle, en écho au récit par Pérec du marquage à la craie des épaules des immigrants, lors de leur arrivée à Ellis Island.

Textes et images jalonnent le concert devenu pour les musiciens un espace à la frontière mouvante de la mémoire et du devenir, où se questionnent le proche et l’étranger, l’ailleurs et l’intime. Les voix anciennes se font échos des nôtres, les lieux comme des éclats de miroirs reflètent soudain puissamment nos problématiques migratoires d’aujourd’hui. »

 

SUR SCÈNE

Paris New York Odessa est destiné à être un ensemble à « géométrie variable », une sorte de collectif où chaque artiste amènerait ses compétences, son identité et sa créativité, avec un minimum de 5 musiciens sur scène et un maximum non encore atteint d’artistes invités ; un nombre fluctuant au gré des rencontres, des disponibilités et des possibilités d’accueil des lieux de représentation. Il faut ajouter aux musiciens sur scène 1 ingénieur du son et 1 ingénieur lumière.

Effectif pour la création en octobre 2015 dans le cadre du Festival d’Île de France :

Olivier Slabiak (OS69) – programmations électroniques, violon, guitare, chant

Laure Slabiak – chant, percussions, ukulélé

Ivica Bogdanic – clavier, accordéon, percussions, ukulélé

Marine Beelen – chant, percussions

Anne Lou Bissières – chant, percussions, violoncelle

Adrien Crapanzano – ingénieur du son

Christophe Naillet – ingénieur lumière et régie

 

EXTRAIT – ELLIS ISLAND, poème de Georges Perec (1980)

 

„ (…) pourquoi racontons-nous ces histoires ?

que sommes-nous venus chercher ici ?

que sommes-nous venus demander ?

 (…)

ce que moi, Georges Perec, je suis venu questionner ici,

c’est l’errance, la dispersion, la diaspora.

Ellis Island est pour moi le lieu même de l’exil, c’est-à-dire le lieu de l’absence de lieu, le non-lieu, le nulle part.

c’est en ce sens que ces images me concernent, me fascinent, m’impliquent (…)

 Ellis Island n’est pas un lieu réservé aux juifs

 il appartient à tous ceux que l’intolérance et la misère ont chassé et chassent encore de la terre où ils ont grandi

 à l’heure où les Boat People continuent d’aller d’île en île à la recherche de refuges de plus en plus improbables, il aurait pu sembler dérisoire, futile ou sentimentalement complaisant de vouloir encore une fois évoquer ces histoires déjà anciennes

 mais nous avons eu, en le faisant, la certitude d’avoir fait résonner les deux mots qui furent au coeur même de cette longue aventure : ces deux mots mous, irrepérables, instables et fuyants, qui se renvoient sans cesse leurs lumières tremblotantes, et qui s’appellent l’errance et l’espoir. (…)“

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